Écrins
France
2013

Barre des Écrins


28. 7. 2013 - 30. 7. 2013

Yannick Hennequin, Alex Todoran, Régis Perrin, Peter Schrammel

Temps

J1: dégagé, J2: changéant, J3: dégagé

Intérêt

******: itinéraire superbe au sommet des Écrins

Itinéraire

J1: Pré de Madame Carle, 1874m - Refuge du Glacier Blanc, 2542m;
J2: Refuge du Glacier Blanc - Refuge des Écrins, 3175m;
J3: Refuge des Écrins - fond du glacier, 3300m - rimaye, 3800m - Barre des Écrins, 4102m - Pic Lory, 4086m - Brèche Lory, 3974m - fond du glacier - Refuge du Glacier Blanc - Pré de Madame Carle

Hébergements

Refuge du Glacier Blanc, 2542m; Refuge des Écrins, 3175m

Dénivelé

2409m
J1: +729/-61,
J2: +645/-22,
J3: +1035/-2326

Distance

23km (J1: 4, J2: 3, J3: 16)

Horaire

20 1/2h
J1: 2h;
J2: 1 1/2h;
J3: 17h (1 + 1 1/2 + 6 + 1/2 + 2 + 1 1/2 + 2 + 1 1/2))

Endurance

0: deux jours de chauffage (dû à la météo), puis une véritable "grosse" journée

Difficulté

III, 50°: parcours sur glacier crévassé et crête mixte; quelques crevasses (<0.5m) au Refuge des Écrins, quelques crevasses (<1m) à franchir par des ponts de neige au fond du glacier; 3 crevasses jusqu'au replat au milieu de la pente (3m, remplie; 0.5m et 1m à sauter); deux crevasses de 5m à franchir par des ponts de neige dans le ressaut après le replat; rimaye (1.5m) franchie par un pont de neige; pente se redressant à 50° vers la barrière rocheuse sous la crête, verglacée vers le haut (deux piolets recommandés), il vaut mieux tenir tout à gauche vers le bord est du glacier et suivre la barrière jusqu'au couloir que la permet de franchir (rampe évidente pour l'accéder); terrain mixte facile dans le couloir (50°), plus rocheux et raide vers la crête II+; crête est en trois buttes I-II; crête ouest: traversée aux Pic Lory: escalade de blocs sur arête étroite II-; descente du Pic Lory: plusieurs passages raides III, sinon II; plusieurs variantes pour atteindre la Brèche Lory: on a longé le rocher côté nord III (un point vers la fin), puis descente en rappel (25m; 2 points intermédiaires: après 10m tout droit, après 6m plus vers le nord); rimaye sous le Dôme (4m neige et glace vertical, des marches)

Danger

7: chemin au Refuge du Glacier Blanc: large, mais des falaises pas loin 4; au fond du glacier 3, crevasses; face nord 5, grosses crevasses; vers la crête 5-6; crête 7 sur 1.5km (falaise de 1000m côté sud, pente 60° côté nord; à l'ouest du sommet des passages sur une véritable lame surplombant côté sud)

Fréquentation

dbc: tout seul sur la crête, une cinquantaine sur le dôme

Commentaires

Pour l'étape sommet il faut une météo 100% sure pendant 20h - pas de réseaux téléphonique, >6h pour atteidre le refuge des Écrins depuis la crête, sécours impossible en mauvais temps. Neige fraîche (5cm à 3300m, 80cm sous la rimaye, 5-15cm sur la crête). Il vaut mieux de franchir la rimaye plus bas en traversant le premier replat à 3600m et suivant l'épaule est jusqu'à la crête.

Récit

Je venai à Grenoble pour chercher mon VTT, mais malheureusement il fut piqué quelques semaines avant. Je dormis chez Georg et Manu. La météo était prometteuse, mais malheureusement Georg dut travailler. Alex, ami VTTiste Roumain à Georg, était intéressé à joindre ce tour. Yannick avait motivé Régis, ami grimpeur à lui. On partit en bagnole de Yannick par le Lautaret à Ailefroide, village alpiniste. On acheta les derniers trucs et fit les derniers appels avant de monter aux Pré de Madame Carle où il n'y a plus de réseau de téléphone - comme sur le reste du parcours. On déjeuna à l'ombre des arbres. Il faisait presque 30° sur 1800m. On partit tranquillement après 14h en traversant la pleine fluviale énorme à la sortie du Glacier Noir. Elle est jolie à regarder de plus haut. D'abord il fallait traverser la rivière en crue de fonte estivale. On monta sur un chemin large. Une marmotte photogénique nous divertissait. Après une traversée un peu exposée on descentit sur rochers meulés par le glacier et traversa la rivière sortant du Glacier Blanc sur un pont un peu redoutable. Puis on monta au soleil au refuge, d'où on avait une vue splendide au Pelvoux et au bout du Glacier Blanc. On dîna ensemble avec les autres alpinistes. Un couple jeune qui voulait faire de l'escalade arriva assez tard. On était surpris parce que la météo était annoncée pourrie le jour après. Donc, nous décidâmes de se lever tard le lendemain. Peu après le dîner il commençait vraiment à pleuvoir. Le jeune couple se mit à descendre tout de suite pendant la nuit pour ne pas payer pour la nuitée. Amusé par une telle débilité, on fit quelques exercices de cordes au sec. On se leva après 9h. Il avait déjà arrêté à pleuvoir et il y avait quelques trou où on put voir le Pelvoux avec sa couverture fraîche. Comme les nuages n'allaient pas se lever avant l'après-midi et il y avait un vent de tempête en altitude, on ne partit que tranquillement au Refuge des Écrins. Peut-être on pourrait faire une petite chose à partir de là-bas. Il y avait trop de sentes et on n'avait pas vraiment choisi le meilleur, mais finalement on atteignit le bas du glacier. On se mit les crampons et s'encorda en deux cordée : Régis et moi, Yannick et Alex. On loneaé le glacier en traversant quelques petites crevasses. Sur la montée raide au Refuge on fit queleques exercices de rattrapage en pente raide. Pour Alex et moi la Barre allait être la sortie la plus difficile jamais faite. Juste avant le réfuge il commençait á neiger un peu. Donc on restait en réfuge toute la journée et observait si les nuages bougaient. On jouait aux cartes pendant des heures et étudiait les topos. La météo était annoncé absolument parfaite le lendemain, mais c'était difficile à y croire on regardant dehors. On décida au plan : on allait faire la traversée des crêtes en montant côté est par une pente raide qui peut être un peu verglacée selon le topo. Après on allait traverser l'intégralité de la crête jusqu'à la Brèche Lory et descendre sur la voie normale du Dôme. À 18h soudainement le vent dégagea les nuages. On vit le sommet. Il y avait visiblement un peu de neige fraîche partout. On décida qu'on le faisait quand même. Vers le soir le réfuge se remplit. On dîna et se coucha avec le soleil. La nuit était courte mais calme ; on se leva à 3h du matin et prit le petit déjeuner. Il n'y avait pas de l'eau coulant parce que les tuyaux étaient gelés. En demandant 3 fois au gardien il me donna une cuillère pour nettoyer mes doits avant de mettre mes lentilles. Tout le monde parta vers 4h. Nous fûmes presque les derniers. On s'encorda sous frontale en bas sur le glacier et suivit les traces d'un groupe. Eux, ils marquèrent bien les petites crevasses couvertes par les 5cm de neige fraîche. Le glacier semblait interminable jusqu'au fond avant d'attaquer la face nord. Sur la première pente raide on doubla tout le monde. Le levé du soleil était incroyablement joli. On traversa une grosse crevasse verticale bien remplie, mais c'était trompeur parce que il y aviat juste après une petite crevasse invisible. Tout le monde y tomba dans le vide avec un pied. Avant d'arriver sur le replat il y avait une crevasse ouverte à sauter. Les séracs énormes luisaient à la lumière rose du petit matin : un spectacle gigantesque. Régis marcha devant jusque là. Moi, je continuai pour tracer dans la poudreuse de plus en plus profonde. Il y avait deux crevasses extrêmement larges à franchir. La première passa sans problème, mais pour la deuxième je fus un peu trop à l'est. Je mis mon pied sur le pont et m'enfonçai avec les deux pieds jusqu'aux cuisses. Je me rattrapai sur le bord. J'essayai 20m plus à l'ouest et là ça passa sans soucis. Vers la rimaye la neige était de plus en plus accumulée. Faire la trace était très crevant. Je m'enfonçai jusqu'aux hanches. Je choisis le bon endroit pour traverser la rimaye. Puis il fallait traverser une pente à 40° avec quelques petites crevasses. La pente se redressait à 50° plus haut. J'avais de doutes si je dusse continuer ou monter toute de suite vers la crête. Yannick décida de monter toute suite et se mis devant. Cela n'était pas le meilleur choix parce que la pente était de plus en plus verglacée dans cette section. Il y avait de marches mais avec mes crampons en alu - même si bien affutés - je ne me sentais pas très sur. Yannick s'arrêta sur quelques cailloux avant un ressaut encore plus raide sur 10m. Yannick essaya de mettre une broche, mais elle ne rentra que 10cm parce qu'il y avait des cailloux juste dessous. La traversée plus à gauche pour contourner la partie raide semblaient assez dangereux même ça aurait probablement été le meilleur choix. La descente serait aussi dangereux que la continuation. On avait de plus en plus froid et se sentait un peu bloqué. Finalement Yannick décida d'attaquer le ressaut. Cela n'avait pas l'air très à l'aise parce qu'il y avait peu d'endroit où le piolet rentrait. Un deuxième piolet aurait été utile. Mais il réussit et trouva un gros bloc de roche avec un point d'assurage. Comme ça il pouvait assurer Alex et le hisser. Puis, j'essayai à suivre mais je glissai un peu et arrachai la broche. Donc je demandai à Yannick de descendre sa corde pour m'assurer d'en haut. J'accrochai ma corde dans la sienne et commençai à monter. C'était vachement merdique, mais j'arrivai sans glisser une deuxième fois. Je m'accrochai sur un deuxième point en haut et assurai Régis, qui était un peu effrayé. Il était déjà 9h30. Régis continua devant. Moi, Je voulais prendre la rampe évidente pour accéder le couloir, mais lui, il continua à traverser, qui me semblait plus dangereux, mais il insistait. La traversée allait bien, même s'il plaignit de doigts froids. Puis je montai devant tout droit dans le couloir. Il fallait faire gaffe aux cailloux, amis on envoya quelques-uns quand-même, qui attirait l'attention de gens montant au Dôme. Après ce passage tout était plus facile. La troisième longueur à la crête était plus rocheuse sans cailloux. La crête est incroyablement impressionnante. La croix semblait proche. On continua en allant à la corde tendue s'assurant sur les rochers saillants. L'escalade était souvant aérienne mais facile : un vrai plaisir. Je ne sentais pas du tout l'altitude. Après 3h sur la crête on arrivai au sommet à 12h30, 3h plus tard qu'attendu. Apart du blocage, la neige nous avait ralentie aussi. Le panorama était exceptionnel et le temps était stable. On mangea un peu, mais je n'avais pas trop de faim. Yannick et Alex arrivèrent à 13h. Régis et moi continuâmes. On n'avais pas encore fait la moitié de la crête et la partie ouest serait plus difficile techniquement parce que elle est plus rocheuse, mais sur une roche parfaite. Moi, je grimpai devant. La première partie aux Pic Lory était exposé mais facile. La vue retour donna la meilleure impression de la forme de cale vertical de la montagne. La suite était parfois raide. Il n'était pas facile d'assurer Régis qui me suivait. Toute concentration était requise, mais on grimpa bien avec les crampons sur des petites prise de pied. Au milieu il y a un passage tellement spectaculaire, que des mots ne suffisent pas. On avait l'impression d'avancer bien, mais quand même il était déjà 15h30 quand on approcha la Brèche Lory. Là il y a un passage III+ à la montée en plusieurs variantes. On décida à continuer tout droit sur la droite du grand rocher pour atteindre le rappel. Je preparai tranquillement le rappel, comme Yannick et Alex furent presque une heure derrière nous. Il y avait deux pitons connectés avec une dizaine des vieux sangles. On y ajouta une autre et mit la corde. Moi je descendis devant pour chercher l'autre point au milieu, dont la topo parlait. Notre corde mésurait 40m, trop court pour faire tout. Je n'avais pas fait assez gaffe et la corde était tordue. Donc je ne descendis qu'assez lentement. Je trouvai le point après 6m, bon pour la corde de 30m de Yannick. Je laissai descendre Régis et puis je mis notre corde sur le deuxième point. Puis on rappellâmes nous deux. Il était 16h. On laissa la corde pour Yannick et Alex qui approchaient lentement. Yannick prépara le premier rappel et Alex descendit en premier, puis Yannick. Ils nous jetèrent leur corde et descendirent sur la nôtre. Régis et moi s'entendions assez bien, mais Yannick et Alex avaient quelques arguments. À 17h on était tous sur la bréche. Les 4h de la topo pour faire la traversée de crête duraient 9h finalement. Il nous manquait encore une descente de 11km et 2200m. On franchit la rimaye, puis traversa et descendit vite. Yannick se plaignit des ses crampons, qui s'ouvrirent tout le temps. On fit gaffe aux crevasses, qu'on connaîssait de la montée. À 19h on arrivai en bas au fond du glacier. On fit une petite pause avant la marche interminable jusqu'à la fin du glacier. Là les pieds marchaient presque tout seuls. Après une courte pause pour enlever les crampons et mettre les cordes dans les sacs on passa le Refuge du Glacier Blanc après 21h. On mis la frontale. Notre concentration était requise sur les ponts de rivière et les passages exposés du chemin. On arriva à la voiture à 23h, fatigué mais heureux. On fit un pause pour regarder les étoiles et ranger les affaires. On partit vers minuit. D'abord Alex conduisit jusqu'à la nationale, puis moi jusqu'au Lautaret et Yannick pour Grenoble. Moi j'avais déjà dormi quand on arriva à 3h du mat. À Régis il fallait encore continuer à Voiron. J'entrai silencieusement dans l'appart de Manu et dormis jusqu'après midi.


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