Chartreuse
France
2010

Les Crêtes du Néron


29. 10. 2010

Peter Schrammel

Temps

dégagé, puis ciel voilé, quelques gouttes esparses, parfois des rafales de vent à 80-100km/h

Intérêt

*****: Le sommet le plus alpin autour de Grenoble: exigeant et fascinant - une expérience intense!

Itinéraire

St-Martin-Le-Vinoux, 216m - Narbonne, 427m - Crête du Néron 1007m - 1270m (croix) - 1298m - 1294m - Gatinet, 550m - St-Martin-Le-Vinoux

Dénivelé

1273m

Distance

12km

Horaire

5 1/2h (1/2 + 1 1/2 + 3/4 + 1/4 + 1/2 + 1 1/2 + 1/2)

Endurance

F: petite montagne - grand sommet!!!

Difficulté

II-, A: sentier du Pré Néron: traversée câblée A, 0+, après souvent 0+ à I-, montée sur la croupe 0+ à I; crête: souvent des passages 0+ à I- sur toute la longeur, montée sur la barre rocheuse inclinée I, a près la bifurcation avec le couloir en Z marche II- et plaque I+ sous un surplomb, passage raide I vers la croix suivi par un passage II- assez exposé (6), après la croix une plaque inclinée avec des bonnes prises mais peu pour les pieds II- mais moins exposé (4-5), descente dans la brèche avant le sommet 1294m: mur I+ et traversée (contournable) I+, montée au sommet I; descente par le couloir de Quaix: une marche assez haute II- (mais les arbres aident!!!), puis un ravin merdique et glissant I+ (peut-être installer une corde fixe sur 10m)

Danger

6-7: sentier du Pré Néron: traversée câblée 5-6, puis 5, plus haut 3-4, vers la croupe 3-4, crête: après la première butte assez étroit(0.5m) sur 100m 6-7, puis beaucoup de passages 5-6, traversées délicates autour de la croix 6-7, après moins exposé 5, passage étroit (0.5m) sur 20m et descente un peu exposé 5-6 avant le sommet 1294m, puis 3-4; descente par le couloir de Quaix: au début 4-5, après 3-4

Fréquentation

b

Commentaires

accès toujours interdit pour le risque élevé de chute de pierre suite au feu en 2003

Récit

Un front pluvieux était annoncé pour samedi après-midi, mais il serait encore dégagé pendant la matinée. J'avais toujours été fasciné par cette montagne qui semble inatteignable malgré sa taille pas trop importante. J'avais étudié les routes differentes qui promettent de le conquerir dans un petit livret. Ce matin semblait d'être le moment idéal pour lancer l'essai. Donc je pris le premier bus numéro 3 à St-Martin-le-Vinoux à 5h50. Je partis en pleine nuit dix minutes plus tard et montai le GR. La frontale servait bien à illuminer les trous noirs. Avant Narbonne je réveillai des vaches couchant sur le pâturage à coté du chemin. Leurs yeux reflétaient fantomatiquement. Je pris la piste bien évidente pour m'approcher au pied de la parois. Après une bifurcation le sentier descendait un peu. Il fallait toujours suivre les balises circulaires bleues tous les 5m. Après la traversée d'un pierrier il y avait un câble. La raison devint évidente comme je vis les lumières des rues et maisons en bas. Le sentier suivait une vire étroite dans la falaise. Puis, il montait en escalade facile. Il était toujours tout noir, mais avec les balises il était assez facile de trouver le bon chemin. Sauf une fois quand je suivis les fausses traces et soudainement était bloqué devant un mur de broussailles. Je continuai suivre les traces qui descendaient et retombis sur le sentier balisé. Les rochers au-dessus de moi luisaient dans la lumière de la ville toujours dormante en bas. On pouvait déjà deviner les contours du Mont Rachais. Après une petite descente à travers des plantes piquantes avec des épingles, je soudainement arrivai sur un replat où le chemin semblait de terminer. Donc je rebroussai chemin et après 20m je retrouvai une balise. Ici le sentier commença à monter dans la forêt dense, souvent il n'était pas évident, glissant et assez abîmé. Après un pierrier dans la broussailles, je sortis enfin de la forêt et commençai à grimper sur la roche solide. Petit à petit apparraissaient les contours du Taillefer et les pics de Belledonne. Avec la lumière le vent se leva assez fortement avec des rafales qui m'emmenaient presque quand je montai les plaques de lapiaz. J'avais des pensées à rebrousser chemin, mais tout à coup les nuages isolés tournèrent en rose. Je sortis l'appareil photo. Le spectacle se renforçait jusqu'à ce que les nuages étaient en rouge de sang. Quelques pas plus tard, le soleil se leva derrière le Grand Pic de Belledonne. À 8h j'arrivai sur la première butte de la crête, où se trouvait une place de bivouac. Le vent se calmait un petit peu, mais un voile de nuages gris foncé menaçait de l'ouest. Donc j'abandonnai le plan de faire plusieurs couloirs. De nouveau, j'avais besoin d'une machette pour tracer le chemin par le replat. Puis, l'escalade devint plus serieuse. L'arête se rétrécit pendant un passage de 100m à pic sur la droite et presque à pic sur la gauche et à peine 50cm largeur de roche sous les pieds. Je grimpai la prochaine butte, d'où j'avais une vue extraordinaire dans la parois et la forêt abîmée par les éboulement après l'incendie de 2003. Après une petite descente, un Z bleu indiquait l'arrivée du Couloir en Z. Puis les passages carrément délicats commencèrent et continuaient jusqu'après la croix perchée sur le champignon en roche le plus exposé de la crête. J'atteignis ce point qui semblait d'être le plus haut à 9h. Le Moucherotte se présentait en belle lumière du jour. Comme la météo me plaisait pas, je continua toute de suite. Je descendis pour contourner la faille où le couloir Godefroy arrive, marqué G. Regardant en bas il semble peu croyable, qu'il y a un passage. Je remontis et de nouveau je pensai d'être sur le point le plus haut. Quelques gouttes qui se jetèrent contre mon survêtement m'alarmèrent encore plus. Je continuai sans arrêter la descente dans une brèche et grimpai la dernière pointe de l'arête. Là, il ne manquait que la descente. Comme il n'y avait pas de bruine pour l'instant, je m'assis et déjeunai. À 10h j'attaquai la descente. Je passai devant une grotte et continuai vers le bout de la crête où CQ indique le couloir du Quaix. Au début il y avait plusieurs marches hautes difficiles en descente. À travers des broussailles, la descente se jeta dans un ravin glissant. Après quelques pas de deescalade, le passage devint trop penible. Donc, je sortis un bout de corde mis autour un arbre et descendis 5m au long de la corde. Puis, le sentier longe le bas de la falaise avant de se perdre dans un pierrier couvert par des feuilles, qui était super glissant. Sur une croupe je finalement perdis le sentier complètement et je ne le retrouvai que plus bas en traversant vers le Col de Clemencières. Parfois j'étais bloqué par des arbres tombés, qu'il fallait contourner. Enfin, j'arrivai sur la route forestière. Il recommença à pleuvoir, mais pas pour longtemps. Je vite descendis par le GR de Gatinet en basculant à l'autre rive du ruisseau pour retourer à St-Martin-le-Vinoux, d'où j'avais une vue vers la partie basse de la montée, mais c'était difficile de repérer le sentier dans la parois. Vers 12h30 j'arrivai chez moi.


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